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Le phénomène macho

Alors que je fouillais dans les vieux magazines "GaiPied", aux archives LGBT de Marseille, je suis tombé sur un article qui m'a interpellé, titré "le phénomène macho", paru en mai 1980.
Gai Pied n°14 - Mai 1980


Aujourd'hui, 40ans après, la mythologie du mec viril et macho fascine encore beaucoup dans la culture gay. Il suffit d'ouvrir Grindr pour découvrir un tas de profils titrant l'incontournable "masc for masc", ou du pléonasme "pour mec masculin", avec pour avatar une image de torse musclé.

En septembre dernier, je suis allé à la Folsom Week de Berlin, évènement annuel consacré aux communautés SM/fétiche gay : cuir, latex, uniformes militaires ou dog training, elles étaient toutes là. J'avais en face de moi de véritables confréries de policiers à casquette et de daddies à cigares, tous immenses et musclés, performant chacun à leur manière une variation autour de la virilité.
Etait-ce un simple défilé de panoplies fashion, d'accessoires tendance portées par des hommes voulant apporter du piment à leur vie fastueuse et bourgeoise? (Après tout, qui n'a pas déjà croisé des mecs en soirée portant un harnais à 100euros juste pour le style?) -ou bien était-ce un prolongement de l'esprit des sous cultures gay SM des années 80?
En tout cas, au milieu de ce rassemblement très (trop) masculin , j'étais à la fois 
inconfortable et impressionné. Pratiquant le SM depuis quelques années,  je n'avais encore jamais été confronté à cette culture "cuire" et fétiche. Comme une mise en abime, tous ces mecs semblaient remettre en scène les jeux de pouvoir propre au système patriarcal, à travers le rôle du flic, du daddy ou du maître-chien. Etait-ce une forme de catharsis, une occasion de purger des traumatismes, en décharger les émotions? Ou bien une forme de compensation pour ldes pédales en mal de virilité? 
Malgré cet inconfort, je ressentais beaucoup d'amour, et j'étais sensible au soin que chacun avait employé pour aller jusqu'au bout du son fantasme -et au plaisir que chacun avait à s'exhiber dans la publicité des rues de Berlin. 

Tim Moss

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